Risque zéro, Pete Hautman

Risque zéro de Pete Hautman ⋆ Smells like rock


  • Milan
  • 295 pages

                 «  Imaginez un monde où tout risque est banni. Un monde où le danger n’existe plus. Fini le sport : trop dangereux ! Aimer ? Trop éprouvant ! Ce monde du risque zéro, c’est celui des États-Sécurisés d’Amérique. Nous sommes en 2074, Bo Marsten a 16 ans et vit sous cette dictature du bien-être. Les carcans, les interdits ? Il n’en peut plus. Enfermé dans un camp de travaux forcés, il décide de résister. Pour être libre. Pour prendre le risque de vivre, tout simplement… »


            Comme je l’ai déjà mentionné dans mon Summer Book Tag, ce livre a été une déception. Et j’ai besoin de mettre les mots sur ce que j’ai ressenti durant cette lecture. Ou plutôt, ce que je n’ai pas ressenti ! Ce n’est pas souvent que j’ai cet arrière-goût amer dans la gorge et cette impression de ne pas avoir compris les idées de l’auteur lorsque je referme un bouquin… Honnêtement, je suis soulagée d’en avoir terminé avec Risque Zéro. Le début était pourtant si prometteur ! 

            Commençons par le plus simple : le monde inventé par l’auteur. C’est un univers original, qui sort de tous les mondes « futuristes » que j’ai pu côtoyer lors de mes nombreuses lectures. L’histoire se déroule dans un monde où le danger est rayé des Etats-Unis, renommés en « Etats-Sécurisés d’Amérique ». Cet univers bâti par Pete Hautman nous amène alors à réfléchir sur le propre futur de notre pays. Oui parce que ce qui est décrit dans le livre est tout de même assez réaliste, dans le sens où cela pourrait arriver, et c’est flippant. On voit bien les deux univers, celui des Etats-Sécurisés d’Amérique et celui d’un monde « normal », confrontés avec la présence du grand-père, qui a vécu pendant « notre » époque. L’histoire est donc abordée avec deux points de vue différents sur un même monde.

             Pourtant, plus j’avançais dans ma lecture et plus j’avais la désagréable impression que l’idée n’avait pas été assez approfondie, pas assez exploitée, pas assez développée. Un point fort qui a donc été négligé par la suite. On nous balance quelques informations au début du roman, et puis après, plus rien. J’avais l’impression de naviguer dans un petit brouillard. Je trouve que cette Amérique sécurisée était un peu bancale, pas très concrète, pas très détaillée. J’ai ainsi froncé les sourcils lorsqu’on nous parle de la petite amie (absolument horrible, cette fille, en passant) de Bo, notre cher protagoniste. N’est-il pas marqué, sur la quatrième de couverture : « Aimer ? Trop éprouvant ! » ? Y a un truc que j’ai mal compris là… Ou alors, le résumé est un peu mensonger !

            Il est annoncé sur la quatrième de couverture que Bo Marsten décide de résister (en prison) contre ce pays où plus rien de dangereux n’est autorisé. Alors laissez-moi clarifier les choses (au risque de spoiler un peu). D’abord, Bo n’est déporté qu’à la deuxième partie (sur trois) du roman, et j’ai trouvé les pages qui la précédaient particulièrement ennuyeuses. Ensuite, Bo ne s’est pas mis à résister lorsqu’il était enfermé en prison…! D’ailleurs, la quasi-totalité de l’histoire se base sur le système carcéral et juridique, dont je ne connais pas grand-chose, donc il y a certains termes que je n’ai pas compris, chose qui m’a un peu gênée. Enfin, si Bo se met bel et bien à « résister » (si je peux appeler ça comme ça !), ce n’est que vers la toute fin du roman qu’il se met à agir –au bout de 270 pages, bon sang ! –.

            En plus, je suis déçue par la façon dont notre protagoniste se rebelle. « Pour être libre. Pour prendre le risque de vivre, tout simplement. » A cause de ces deux phrases, je m’attendais à quelque chose de beau, de poétique, d’épique, un truc à propos de la valeur de la vie, des moments d’excitation et d’adrénaline qui la constituent, et au final….Rien. Je n’ai pas eu l’impression de trouver une quelconque réflexion de la part de Bo. Je crois que c’est ça qui m’a frustrée au plus haut point.

            Donc si je refais un résumé à ma sauce, ça donne à peu près ça : « Dans les Etats-Sécurisés d’Amérique, où tout risque est évité grâce à des mesures exagérées, et où le moindre délit vous envoie dans des camps de travaux forcés, Bo Marsten est condamné à travailler dans l’une de ces prisons. Là-bas, loin de tout, il découvre un nouveau mode de vie, de nouvelles règles, de nouveaux compagnons. Une vie radicalement différente, qui va bien le changer. »

           Bon, en parlant de l’intrigue, ça m’a perturbée parce que j’ai eu l’impression de n’en avoir rien retenu. Pendant presque 300 pages, j’ai suivi Bo et tout un baratin sur le sport, pour finalement me souvenir de…pas grand-chose ! J’ai l’étrange sensation d’avoir lu du vide (sans vouloir être vraiment méchante). Quel dommage ! La couverture et le résumé étaient intrigants, le contexte original, mais je n’ai tout simplement pas accroché. La lecture a été très laborieuse, c’est pour vous dire !

            Dernier point à aborder, –et après j’arrête de râler, promis– les personnages. Alors là, mon « malaise » vis-à-vis de ce roman s’est accentué davantage, parce que je n’ai tout simplement éprouvé aucune émotion, ni sympathie, ni colère, ni pitié ! A part certains personnages qui m’ont pas mal agacée de par leur caractère stéréotypé, je suis restée de marbre devant les mésaventures et aventures de Bo. Malgré le grand-père et son côté bourru et réactionnaire, malgré l’humour de l’Intelligence Artificielle créée par Bo, je ne me suis pas attachée à eux.  Je me suis sentie vraiment distante durant toute ma lecture : je les « regardais » sans les voir.

            La seule chose positive, euh, pardon ! LES deux seules choses qui m’ont plu, étaient : 1.) La plume de l’auteur, agréable à lire et teintée d’un humour qui m’a fait rire à plusieurs endroits, et 2.) La fin, plutôt pas mal, significative et ouverte.

            En résumé, je suis déçue, déçue, déçue ! Déçue de ce roman qui était si prometteur mais qui s’est finalement révélé… fade. L’histoire me laisse une impression de flottement et de vide. J’aurais vraiment voulu aimer ce livre, mais je n’ai pas pu. Sincèrement. Je suis rarement déçue quand je sors d’une lecture ! Je crois bien que c’est ma première, vraie, grande déception. J’attendais tellement de cette lecture !  Bref, fin de la chronique, vous l’aurez compris, ce n’est pas un livre que je recommande chaudement. N’hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé si vous l’avez lu !

Risque Zéro, c’est : un scénario original, un univers original, mais pas suffisamment exploités. Des personnages intéressants mais dont je me suis trouvée distante. Une intrigue difficile à cerner, à saisir… Bref déception. 

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6 réflexions sur “Risque zéro, Pete Hautman

  1. Je me demande si tu aurais davantage apprécié ta lecture si le résumé ne t’avait pas « vendu du rêve »… 😉 Et c’est une vraie question, je trouve, car certains résumés sont juste « gné ?!?!! » (et ça marche pour les DVD aussi) Entre ceux où tu te demandes si tu as lu le même livre qu’eux, ceux qui t’annoncent un élément-clé de la page 400 comme si c’était l’élément déclencheur du livre,… cet élément éditorial produit parfois l’effet contraire de ce qui est voulu.

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    1. Je me suis posée la même question ! Depuis, j’accorde de moins en moins d’importance aux résumés, je les survole presque !
      Je suis tout à fait d’accord avec toi haha, et puis il y a aussi ceux qui te spoilent carrément la fin de l’histoire/la mort d’un personnage (coucou, résumés de classiques), c’est à se demander s’ils veulent qu’on lise le livre ou pas !

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